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Le siège de justice.

histoire

Nous remercions Jean BACLET de nous avoir autorisés à utiliser son livre pour alimenter cette rubrique.

A droite de l’entrée de l’église, se trouve un siège en grès, taillé d’une seule pièce, dont le pourtour du dossier et l’emplacement des pieds sont à peine ébauchés : il s’agit d’un siège de justice. Ce monument fut l’objet d’un classement le 5 avril 1911. Mr l’Abbé Guilbert qui exerça son ministère chez nous de 1922 à 1929, qui avait été initié aux études historiques, et qui était en relation avec Mr Rodière, érudit et historien montreuillois très estimé, considérait que ce siège était antérieur à la date de 1502 qui lui fut officiellement attribuée.

Siège de justiceEn effet, si l’on s’intéresse à l’arrière du dossier, la main y décèle, assez nettement, au centre, un léger relief en forme de croissant de lune ayant les pointes tournées vers le haut. Et ce croissant est exactement semblable, et au même endroit, que le croissant de sable qui orne au cœur (ou en abîme, pour employer le terme héraldique ), l’écu des seigneurs de la famille de Verquigneul, c’est à dire au centre.

Or cette famille régnante chez nous a quitté l’Artois vers 1400. Il est donc fort probable, comme le pensait l’abbé Guilbert que ce siège de justice ait été taillé à l’époque où les de Verquigneul tenaient cette terre, donc antérieurement à 1502, et même avant 1400.

Siège de justiceLe siège était utilisé par les seigneurs pour communiquer à la population des décisions royales qui pouvaient l’intéresser. Mais il était aussi utilisé pour présider, lors des fêtes populaires, des jeux auxquels se livraient les villageois et aussi des compétitions, des luttes à l’issue desquelles il convenait de proclamer le vainqueur, le champion –un roi– comme on disait en ce temps-là. C’est ainsi que trouva son origine le nom patronymique de Leroy, donné à de nombreuses familles. Le rappel de ces compétitions se retrouve dans le nom en patois du siège: « la cayelle batilloire », la chaise où l’on proclame le roi des compétitions, des batailles.(se battre est dit batiller en patois, et chaise, cayelle).
Avant la guerre 14/18, un cimetière entourait l’église, et à l’angle sud-ouest de ce cimetière, près de la rue de l’église actuelle, se dressait un énorme tilleul, au pied duquel on posait ce siège, rappelant ainsi les jugements de Saint-Louis avec son fameux siège sous un chêne.

Le tilleul a subsisté longtemps après la disparition du cimetière et figure sur de veilles cartes postales. Il fut déraciné lors d’un ouragan survenu le dimanche 9 juin 1935, au cours des vêpres, le jour des communions solennelles.